Dans l'Ombre du Mal

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Avant de quitter la ville, la compagnie Draken apprie cependant deux choses importantes: la première concernait la tour du Septarque habitée par un mage étrange, et quelque peu dérangé, du nom de Nimozaran le Vert. Par hasard, ou par la volonté des Dieux, la compagnie apprie que deux personnes étaient passé voir le mage au sujet de Shardraxil, le grand dracosire d’ombre. Si l’un semblait être une sorte d’archéologue spécialisé dans les dracosires, le second était un sorcier tieffelin à la peau sombre et aux yeux de braise. Ce que le mage leur apprit en échange de monnaies sonnantes et trébuchantes fut que le dernier combat du dragon se situait non loin de Havrefroid. Nimozaran engagea aussi le groupe à réactiver des portails magiques disséminés un peu partout dans le Val de Nentir et qui avaient servi dans le temps aux mages d’antan pour circuler plus rapidement dans la région. Le mage pensait que les portails pouvaient être réactivés à l’aide d’un parchemin d’analyse de portail et le groupe acceptèrent donc la mission. Parallèlement et secrètement, le jeune disciple du mage demanda l’aide de la compagnie afin de trouver la cause de la folie de son maître. D’après lui, Nimozaran n’était plus le même depuis trois ans, suite à une expérience magique qui avait malheureusement mal tournée.

Le trajet pour Havrefroid fut aussi une autre révélation pour le groupe. Jusqu’ici, rien n’avait suggéré la présence d’un culte de Shar. Mais le groupe fut attaqué dans les coteaux sauvages de Terregarde par une bande de Kir-Lanans. Ces créatures maléfiques, uniquement au service de Shar et de ses serviteurs les plus puissants, sont d’effroyables adversaires toujours engagées dans des missions d’assassinat. Je me rappelle encore l’expression de Corran et Korlac quand ils me parlèrent de ce passage. Les créatures seraient arrivés à leurs fins si un nouvel héros n’était pas intervenu au dernier moment: Sariel la mage d’arme eladrin, engagée elle aussi par Draken quelques semaines auparavant à Eauforte dans le Vallon Gris, chargée de retrouver la compagnie afin de s’assurer leur protection. Sariel fut parmi les membres les plus impressionnants qui me fut donné de rencontrer. Son style au combat, son calme et sa discipline en toute situation, mais surtout son dévouement pour sa mission de protection m’ont toujours interrogé. Tout comme les autres membres de son peuple, Sariel restait un mystère. Et quoiqu’il en soit, Sariel joua un rôle primordiale pour la compagnie.

A Havrefroid, le groupe finit par découvrir que le site funéraire du dragon était en fait un leurre. Un leurre qui avait toutefois intéressés une bande de malandrins menés par un gnome nommé Agrid. Celui-ci fut capturé et son arrestation permit au groupe de connaître son employeur: un sorcier dénommé Kalarel à la peau sombre et aux yeux de braise logeant non loin de là dans un vieux fort en ruine, construit par le chevalier cormyrien Jarold Keegan, et appelé le fort de Gisombre. Ils apprirent aussi qu’un marchand sur Havrefroid, nommé Barwin, était en fait un prêtre de Shar qui dirigeait son culte dans le sous-sol de son magasin. Le groupe combattit les membres du cultes et leurs créatures, des faucheurs sombres autant que je sache, et éliminèrent le culte local. Confiant de leur découverte, le groupe décida alors de nettoyer le fort de Gisombre et d’éliminer le sorcier maléfique afin d’empêcher le retour de Shadraxil.

Somme toute, le nettoyage du fort fut finalement relativement aisé. Certes, l’ennemi avait eu vent de leur existence et avait bien tenté de les éliminer tout en éliminant les habitants de Havrefroid, mais c’était sans compter sur la ténacité et l’expérience sans cesse croissante du groupe. Même si on peut noter quelques erreurs dans leur méthodologie qui failli mettre un terme à leur nouvelle carrière.

La première fut en effet d’avoir sous-estimé les capacités guerrières de masse des gobelins. Créatures chétifs, cruels et froussardes, elles n’en demeurent pas moins effrayantes lorsqu’elles attaquent en groupe important. Alors quand un groupe de quatre héros arrivent dans un donjon gardé par de telles créatures avec la discrétion d’une bande d’orques en maraude, il ne faut pas s’étonner de craindre un moment pour sa vie.

C’est justement ce qui arriva au groupe lorsqu’après d’âpres combats contre ces créatures idiotes, ils se retrouvèrent pris dans une embuscade mené de mains de maître dans des tunnels froid et obscurs. Il est difficile à dire si leur survie vint de leur combativité et de leur nouvelles prise de conscience sur l’importance du travail d’équipe, ou si la chance ou quelques interventions divines en est à l’origine. Quoiqu’il en soit, ils vainquirent les gobelins.

Mais il ne faut pas jeter la pierre à ces insignifiantes créatures. Après otut, elles remplirent leur rôle: affaiblir et retarder tout intru afin de permettre au sorcier Kalarel d’achever son rituel de délivrance. Et affaiblit, ils le furent. A tel point, qu’ils durent repartir à Havrefroid afin de se reposer et de récupérer de leurs blessures.

D’un autre côté, cela leur permit d’empêcher Havrefroid de subir le pire. En effet, le perfide sorcier ordonna à son plus fidèle espion, la rôdeuse elfe Ninaran, d’exécuter un rituel de réveil des morts dans le cimetierre du village afin d’affaiblir voir de détruire Havrefroid, et là encore de ralentir l’intervention du groupe. Mais ce combat fut finalement vite régler même si le groupe ne parvint pas à arrêter Ninaran. Celle-ci réussit à s’enfuir avec la ferme attention de tendre une nouvelle embuscade au groupe lorsqu’il retournerait au fort.

A ce moment précis, il ne restait plus beaucoup de temps à Kalarel pour achever son rituel. En fait, moins d’un douzaine d’heure. Et le groupe n’avait plus droit à la moindre erreur. Il devait avancer et réduire au silence tous les ennemis qui s’interposerait en eux et le sorcier.

Deux combats sont importants à noter. Le premier fut l’embuscade organisée par Ninaran avec une partie des forces gobelines du chef de guerre hobgobelin et les survivants gobelins. Ce combat fut extrênement violent pour les adversaire de la compagnie Draken. Ninaran, une fois encore, négligea la puissance et l’organisation du groupe. Cette fois-ci, ils avaient bien appris de leurs erreurs passés et le combat se termina aussi rapidement qu’il avait commencé. Et Ninaran en fit les frais en mourrant sans bravoure au fond d’un puit une flèche en pleine tête.

Le deuxième combat fut celui que le groupe mena contre les derniers défenseurs réels de Kalarel: les mercenaires hobgobelins et leur chef de guerre. Ce combat particulièrement violent mis l’accent sur la terrible tactique militaire en phalange des hobgobelins et la force brute de leur chef de guerre. Celui-ci bâtit d’ailleurs Korlac non sans avoir terriblement souffert du combat. Il fut finalement défait par Corran dans un terrible assaut de flèches.

A partir de là, les quelques gardiens ou pièges restants que rencontrèrent le groupe ne les arrêtent plus. Même les prêtres et serviteurs de Shar chargés d’accompagner Kalarel dans son rituel furent facilement défais dans la cathédrale de l’ombre – un ancien lieu de culte à Bahamut transformé en lieu de sacrifice au nom de la déesse du mensonge. C’est là, qu’il trouvèrent le puit qui conduit à la prison de Shardraxil, plusieurs mètres plus bas.

Le dernier combat fut lui aussi moins terrible qu’on aurait pu le croire. Certes Kalarel était puissant, son pouvoir étant amplifié par l’influence néfaste et grandissante du puissant dracosire d’ombre, mais le rituel l’avait affaiblit et le groupe était plus que jamais déterminé. Sa mort ne fut qu’une questions de secondes, et lorsqu’elle survint, il fut happé par Shardraxil, livrant ainsi son âme à une fin terrible.

Le groupe parvint ainsi à vaincre le culte de Shar et leur sombre plan. Mais ceci dévoila aussi un sombre secret sur Korlac. Le barbare sans peur, aussi brutal que déterminé, était en fait un ancien membre du culte de Shar, et Kalarel lui-même le connaissait. Karg le sanguinaire était son nom, et son âme à la déesse du mensonge. Ce qu’il se passa dans son passé pour qu’aujourd’hui il soit Korlac, un fidèle de Tempus et son bras armé contre le culte du mensonge, il ne le sait point. Mais l’influence de la sombre déesse failli le faire retourner contre ses propres compagnons d’armes. Et cela le troubla profondément. Qui est-il vraiment? Que vaut son âme aujourd’hui? Appartient-elle vraiment à Shar? Est-il encore un danger pour les autres? Tant de question qui le forcera à mener sa propre quête pour y trouver toutes les réponses qui lui permettront de tirer définitivement un trait sur son sombre passé et peut-être de racheter son âme…

Et puis, il y a cet autre prêtre, le grand prêtre dont il était le principal agent au même titre que Kalarel. Qui est-il? Où est-il?

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Les Chroniques des Ombres Johankov